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Que sait-on du Qatar, ce pays qui accueille pour un mois les meilleurs footballeurs de la planète pour la coupe du monde de football ? À part que c’est un riche émirat pétrolier du Golfe persique, sans doute pas grand-chose. Attardons-nous donc quelques instants pour mieux connaître ce petit pays en forme de péninsule de 2,9 millions d’habitants, situé à l’est de l’Arabie saoudite et dont 90% de la frontière est maritime.

De création récente, il est devenu véritablement indépendant en 1971, année de sa reconnaissance par l’ONU, et est dirigé par la famille Al Thani depuis la fin du XIXe siècle. L’émir Tamim Al Thani, quarante-deux ans, dirige le pays depuis 2013, année où il a succédé à son père. C’est une monarchie absolue héréditaire où la famille régnante se partage les postes ministériels, mais qui est dotée d’une Constitution depuis 2004 et d’un Conseil consultatif (Majlis Al-Choura) de quarante-cinq membres, dont trente sont élus depuis cette date. La stabilité politique est donc assurée par la transmission monarchique du pouvoir.

Il s’agit, et c’est ce qui frappe tout d’abord, du pays le plus riche de la planète avec un PIB de 180 milliards de dollars (2021), soit un impressionnant PIB par habitant de 115 000 dollars en parité de pouvoir d’achat (estimation 2022). Ce chiffre est calculé sur la totalité de la population, alors les Qataris sont moins de 300 000. Ainsi, 90% de la population est étrangère. 

La richesse du pays est surtout issue du gaz et non du pétrole. Cinquième producteur mondial, mais premier exportateur de GNL (gaz naturel liquéfié), il bénéficie du troisième rang mondial en termes de réserves prouvées. Quoique très dépendant de l’exploitation de sa rente d’hydrocarbures, le pays a su se diversifier dans les services et la construction au fil des années. Les services représentent 44% du PIB, tandis que l’industrie manufacturière plafonne à 6%. 

Après trois crises majeures – dont l’une géopolitique – qui ont affecté la rente gazière et le secteur touristique : la chute du prix des hydrocarbures en 2015, l’embargo des Émirats et de l’Arabie de 2017 à 2021 et la double crise du Covid et du pétrole en 2020 (chute des prix et arrêt du tourisme), l’horizon politique et économique s’éclaircit pour Doha.

Effectivement, après une année de redressement économique post-crise en 2021 (le pays était sorti de récession, mais avec une croissance du PIB de seulement 1,6% qui n’avait pas compensé la récession de 3,6% en 2020), l’année 2022 s’annonce bien meilleure. Une croissance de 5,5% est attendue cette année. Depuis plusieurs années, c’est le secteur non pétrolier qui tire la croissance. Malgré la forte hausse des prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril, il en sera de même en 2022 en raison d’une forte hausse de la consommation interne et des investissements du gouvernement. En termes d’exportations, 69% de ses clients sont en Asie, les premières destinations des exports étant le Japon (18%) et la Corée (16%) et seulement 15% vers les pays de l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni. Cette répartition pourrait évoluer dans le futur, compte tenu de la volonté de l’UE de compenser l’arrêt des importations de gaz russe par d’autres fournisseurs dans le Golfe et notamment le Qatar. 

Les fortes recettes d’exportation et fiscales de 2022 vont donc permettre au pays de réduire son endettement, une bonne nouvelle après les hausses provoquées par les crises successives. 

Enfin, le pays est aussi un paradis fiscal qui s’assume : sans TVA ni impôt sur le revenu, les recettes de l’État sont assurées par les taxes sur les hydrocarbures qui atteignent 80% de la rente, tandis que l’impôt sur les sociétés est plafonné à un faible 10% des résultats.

Dans l’environnement politique et géopolitique du Moyen-Orient et des pays du Golfe, le Qatar entend jouer sa propre partition d’ouverture au monde en assurant de gros investissements très visibles en Occident, comme par exemple dans des clubs de football ou des lieux culturels, par son média national qu’est la chaîne de presse Al Jazeera ou l’organisation du mondial de foot cette année. Enfin, sa volonté d’indépendance est très forte, tant dans ses relations avec le voisin iranien que pour son soutien à l’islam politique transnational.

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