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S’il est sorti des laboratoires pour se frayer il y a quelques années un chemin jusqu’au grand public grâce au succès en librairie du livre Le Charme discret de l’intestin , le microbiote reste globalement méconnu dans ses applications.

Mais qu’est-ce que le microbiote ? Notre organisme abrite des bactéries qui, organisées en communauté, prennent l’appellation de microbiote, propre à chaque individu et à chaque sphère de l’organisme. Ce n’est donc pas un microbiote unique que nous hébergeons, mais plusieurs, même si c’est majoritairement à celui de l’intestin que se réfèrent les travaux en la matière. 

Depuis longtemps, des stratégies de modulation ou de contrôle du microbiote existent, notamment par l’alimentation, avec l’utilisation de prébiotiques ou de probiotiques, sans que les relations entre le produit et ses effets ne soient connues avec précision. De fait, les gammes aujourd’hui disponibles sur le marché entrent dans le champ des compléments alimentaires et de la nutraceutique, dans une optique de santé et de bien-être, sans être des produits thérapeutiques.

Ces vingt dernières années, les progrès du séquençage ont permis d’approcher la diversité et la complexité du microbiote, au travers de son information génétique globale : le microbiome. Ces avancées permettent une véritable exploration des corrélations entre déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) et maladies, ouvrant la voie, tant à la recherche des mécanismes à l’origine de la pathologie, qu’à des modulations du microbiote comme thérapies. Les découvertes réalisées permettent ainsi d’imaginer une nouvelle approche : le développement de gammes médicamenteuses à partir du vivant (Live Biotherapeutic Products ou postbiotique) en apportant à l’organisme des probiotiques identifiés pour leurs effets précis sur une pathologie, devenant ainsi une approche thérapeutique à part entière. Si aujourd’hui la majorité des acteurs en sont au stade du développement clinique, les premières autorisations pourraient intervenir en 2023. À terme, ce sont donc des traitements individualisés, tenant compte de la signature microbiotique du patient, qui pourraient venir compléter, de manière curative ou préventive, le champ des possibles en matière de santé : désordres métaboliques, maladies infectieuses, oncologie, etc.

Enfin, il est déjà possible d’agir sur la composition du microbiote intestinal en utilisant la transplantation fécale. Elle vise à transplanter un microbiote sain à un patient atteint le plus souvent d’une maladie métabolique. Si les applications thérapeutiques concentrent une forte attention de la communauté scientifique, le microbiote connaîtra également des développements dans les domaines de l’alimentation, de la nutraceutique ou encore de la cosmétique. Si le potentiel médical n’est pas encore totalement confirmé, la mise en marché d’un traitement basé sur le microbiote serait de nature à le propulser comme véritable game changer des thérapies personnalisées.

1 Tout sur un organe mal aimé, Giulia ENDERS, Éd. Actes Sud, Mai 2021

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