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La centrale biomasse de Voltalia, située à Cacao sur le territoire du Crédit Agricole Martinique-Guyane a été financée par le Crédit Agricole à hauteur de 43 % du montant total, soit 27 millions d’euros répartis entre la Caisse régionale (20 %), Unifergie (16 %) et LCL (7 %). Elle produit environ 5 % de l’électricité du littoral guyanais grâce à la valorisation des résidus de bois provenant d’exploitations forestières gérées par l’Office national des forêts et de scieries privées. Entretien avec Jean-Luc Herry, Directeur général adjoint à la Caisse régionale Martinique-Guyane.

Pourquoi le Crédit Agricole s’est-il engagé à financer cette nouvelle centrale biomasse ?

J.-L Herry : Le Crédit Agricole Martinique-Guyane, seule banque locale du secteur, est très impliquée dans tous les projets de développement utiles à la Guyane. Les besoins d’électrification constituent un enjeu majeur pour ce territoire qui présente des caractéristiques atypiques (une superficie de près de 84 000 km2, composée de plus de 95 % de forêts). Cette forêt primaire en fait d’ailleurs l’une des zones les plus riches au monde en termes de biodiversité animales et végétales.

La technologie de la biomasse participe à un cycle environnemental vertueux en produisant de l'énergie à partir des déchets de scieries, de défriches liées à d’autres activités. C’est une opportunité de faire de la Guyane, le département le plus vertueux en termes d’énergies renouvelables. Naturellement, le Crédit Agricole Martinique Guyane veut être le partenaire de référence pour tous les projets qui contribuent à cette dynamique.

Quels sont les impacts positifs de cette nouvelle centrale biomasse pour le territoire ?

J.-L Herry : Cette nouvelle centrale permet de produire près de 5 % de l’électricité consommée sur le réseau principal de la Guyane.  Elle participe donc à l’autonomie énergétique du territoire et va dans le sens de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (2015). Ici, l’électricité produite est renouvelable car issue de la valorisation de résidus de bois. L’exploitation du bois d’œuvre, issu des forêts gérées durablement par l’ONF en Guyane, génère des déchets, tout comme l’étape de sciage pour la production de bois commercialisable ou encore les déchets liés au déboisement agricole. Ces résidus de bois morts étaient jusqu’à présent non valorisés. Aujourd’hui, cette matière est achetée aux fournisseurs, recyclée et permet à la centrale de fonctionner. In fine, la création de cette centrale biomasse permet de soutenir toute une filière locale d’approvisionnement (bois d’œuvre et agricole), de créer et de maintenir une quarantaine d’emplois non délocalisables.

Aujourd’hui, quelle est la part des énergies vertes dans la production d’énergie en Guyane ?

J.-L Herry : La part de renouvelable dans le mix électrique guyanais oscille entre 55 et 65 % selon les années. Il s’agit d’un record en France, atteint grâce aux centrales hydroélectriques (grande et petite hydro), aux très nombreuses centrales solaires, ainsi qu’aux centrales biomasse.
Grâce aux ressources disponibles localement, l’objectif de 100 % d’électricité renouvelable avant 2030 est largement atteignable en Guyane.

Avez-vous d’autres projets en vue en matière de financement de la transition énergétique ?

J.-L Herry : Tout à fait, surtout lorsque ces projets sont des marqueurs de notre raison d’être « Agir chaque jour dans votre intérêt et celui de la société ». Toujours avec Voltalia, nous étudions les modalités de participation et de financement à un projet biomasse qui utilisera du bois mort issu de l’ennoiement du barrage de Petit Saut, dans le plus grand réservoir hydroélectrique d’Europe. 

Pendant vingt-cinq ans, plus de 8 % de l’électricité de Guyane sera issu de cette ressource. Une partie de ce bois mort collecté sera également valorisé à des fins de bois d’œuvre.  C’est là un projet innovant qui représente un budget conséquent (plus de 100 M€), qui doit permettre au Crédit Agricole Martinique-Guyane et aux autres entités du Groupe, tout particulièrement Unifergie, de démontrer bien sûr leurs expertises, mais surtout leur force d’engagement pour atteindre nos ambitions en termes de transition énergétique.

Interview et article réalisés par Sophie Roussel
Responsable communication éditoriale
Fédération nationale du Crédit Agricole